Finalement si on veut simplifier, la vie d’un individu ressemble un peu à un rite initiatique qui mènerait à une absolue sagesse et qui se présenterait sous la forme d’un parcours semé d’embûches comme les échecs scolaires, les bagarres, le divorce de ses parents, le décès de son père et petit à petit de tous ses proches, les déceptions amoureuses, etc. Tous ces petits cadeaux que nous offre la vie sont autant d’épreuves à réussir pour atteindre un degré chaque fois plus élevé de sagesse, terme utilisé pour résumer les mots suivants : désillusion, amertume, détachement, dégoût.
De toutes, l’épreuve que je préfère c’est la quête de l’amour avec un grand A.
Amour, quel joli mot, mot universel, mot qu’on entend à longueur de temps, à tord et à travers. Je t’aime, je t’aimerai toujours, je t’aime comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma… Quelle vaste plaisanterie. Ce mot est tellement galvaudé qu’on ne se rend plus compte à quel point il peut être lourd de sens. Peut-on l’utiliser naïvement sans mesurer toute la gravité de sa signification ? Quelle signification ? Avant de pouvoir employer un terme décrivant un sentiment, une émotion, encore faut-il avoir déjà ressenti cette émotion. Et cet « Amour » qu’on est sensé ressentir au plus profond de soi un jour ou l’autre, comment savoir qu’on le tient ? Comment être sûr qu’il s’agit bien de lui ?
Au fur et à mesure que les partenaires se succèdent, tout se précise, on pense avoir une piste, on établit des plans, on liste, on catalogue. « Il faudra qu’elle mesure 1m75, 60 kilos, brune, drôle, etc. ». Hélas les évènements ne prennent pas toujours la tournure qu’on veut et on enchaîne les blondes, petites, pas drôles et même plutôt ennuyeuses, bref l’échec total et cuisant. C’est alors qu’une autre idée se pointe. « Le physique c’est pas important ! Il faut qu’elle ait du caractère, qu’elle me tienne tête, … » Mais malheureusement rien ne se passe comme prévu et cette fois les moches, écervelés et sans grand intérêt défilent devant la porte. Puis sous le coup du désespoir : « Aller cette fois que du sexe torride, pas de sentiments ! » Encore une fois c’est la catastrophe qui se produit : des aventures avec des frigides, au bord du vaginisme et qui tournent toutes au mélodrame. Que faire ? Après toutes ses expériences ratées, pas la moindre piste, aucun embryon de sentiment.
Et c’est toujours au moment où l’on a plus de stratégie, qu’on est a court de plans machiavéliques pour se caser qu’on tombe sur une fille qui sort de nulle part. Et chose étrange, on se sent attiré par elle sans raison logique. On a beau essayer d’expliquer, de trouver de grandes théories, rien ! Elle est là et on se sent bien un point c’est tout. Puis viennent de drôles de sensations, inédites, totalement déstabilisantes. Une sorte d’addiction apparaît ; bizarre pour quelqu’un de si indépendant de devenir accroc. Alors est-ce le fameux amour dont tout le monde me parle depuis si longtemps ou bien las de chercher, ai-je fini par m’en convaincre ? Rien n’est jamais sûr mais peut-on décemment dire à quelqu’un qu’on l’aime juste parce qu’on a l’intuition que ç’est peut-être vrai ? Je ne pense pas.
Toujours est-il que submergé par une avalanche de sentiments nouveaux grandissant tous les jours un peu plus on finit par avouer, par dire ce mot tant redouté. Puis enfin prononcé, une terrible attente se fait sentir, même si elle ne dure en réalité que quelques secondes. Cet amour est-il partagé ? Et c’est à ce moment précis qu’une relation peut basculer dans une malhonnêteté affolante sans pour autant avoir été préméditée ou bien se terminer. Elle me dit qu’elle m’aime elle aussi ; mais le fait de l’avoir avoué implique-t-il nécessairement que son amour est sincère ou a-t-elle lâché le morceau pour s’en persuader ou bien tout simplement pour ne pas me faire de mal. Quoi qu’il en soit, sa force de persuasion a cessé du jour au lendemain en même temps que notre relation. Quoi de plus difficile à digérer qu’une liaison qui prend fin sans crier gare, un peu comme un coup de carillon au beau milieu d’un rêve voué à partir en sucette.
Et maintenant je me retrouve seul comme un con, à me reposer les mêmes questions. Que faut-il faire pour trouver le bonheur ? Y’a-t-il une recette miracle pour trouver la compagne de toute une vie ou finalement est-ce un peu comme une grande partie de loto avec une chance sur plusieurs millions de tomber sur le bon numéro ? Je suis peut-être condamné à tomber amoureux des filles qui ne me conviennent pas. Ça n’a vraiment aucun sens !


Commentaires
1. Le 07-09-2006 à 20h04, par Choupinette
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